je raconte la petite histoire d'une famille creusoise
October 25 2021
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Traditionnel Corse : Berceuse "Nanna di u dilà di monti" (Ensemble Sequenza 9.3)
VIDEO. L'ensemble Sequenza 9.3 interprète "Nanna di u dilà di monti" issue d'un chant traditionnel Corse dirigé par Catherine Simonpietri. Extrait du concert Génération France Musique, le Live...
Il serait bientôt l’heure de dormir pour le petit sorcier comme pour sa fidèle veilleuse par -delà les univers ,l’un dehors et l’autre enfermé . Mais qui l’était vraiment ?L’un ou l’autre? Il s’assoupit près du tourne-disque , la tête dans ses mains , sur le côté . Elle le vit .
Cela ressemblait à une pochette de disque de berceuse pour enfant .
A quoi rêvait - il?
Ce spectacle la maintenait éveillée , comme une nourrice ne peut s’endormir. Elle aurait pu lui demander ,s’en serait-il souvenu?
Qui peut savoir comment le sorcier dort si ce n’est celle qui veille?
Elle ,la sorcière à l’extérieur savait à quoi s’en tenir et elle maintenait l’angoisse en laisse entre les deux univers , le rêve et la réalité qui s’entrecoupaient .
« Le sommeil sur ses yeux commence à s’épancher » Nicolas Boileau
La sorcière prend un livre du mur ,laissant comme un petite fenêtre ouverte dans sa cabane.
Elle lit ce livre , « manuel de sorcellerie pour les nuls ». C’est un moment terrifiant peuplé de démons cauchemardesques, quand on ne sait plus ce qui se passe autour de soi .
Il est nécessaire d’interrompre ses activités pour faire baisser la température corporelle et survivre .
« Depuis ils étaient devenu des ombres qui partaient tôt le matin dans un métro gris , un train froid et rentraient la nuit tombée ,épuisés. » avait -elle écrit au début de son histoire , parlant des hommes du passé.
La nuit ,c’était pire. Elle laissait la lumière allumée dans des pièces comme pour veiller sur la maison endormie. Ses parents se rappelaient -ils d’elle?
C’était ainsi que tout avait commencé.
La peau du petit sorcier était très fine. Il avait l’impression de ne pas tenir sur ses jambes et de voler un peu , se tenait mal debout ,c’était un être fragile et la tempête l’avait soulevé et envoyé voler au -dessus des immeubles de Paris.
C’est pourquoi il avait fermé le livre et tourné vite les pages pour se cacher et oublier.
La lumière du livre magique s’était éteinte pour le laisser se reposer mais parfois il semblait à la sorcière qu’elle le réveillait un peu en allumant dans la cabane.
La lumière diffusait à travers les pages comme à travers sa peau de papier .
Elle lui avait dit que la lumière vert phosphore du livre magique la rassurait.
Qui mettait encore une bûche dans le feu de campagne , braises oranges ? L’un prenait froid ,l’autre attrapait des chaussettes , l’autre sortait s’isoler et marcher ,un courait le chercher, dans l’histoire passée.
La petite sorcière s’agrippait devant la lucarne électrique dans une maison déserte . Comme ses ancêtres depuis Cro-magnon ou Néandertal, la vue des braises rouges , oranges et jaunes, pouvaient alors éclairer ses soirées étoilées.
C’était l ’origine et la fin de son monde à elle .
Le petit sorcier lui avait envoyé une belle bulle : « je vais réaliser ton rêve pour te guérir de ta tristesse : que le petit génie qui veille sur toi soit préservé, je vais lui donner mon pouvoir , nous allons manger la pâte à papier tous ensemble et nous y verrons plus clair ensuite ».
Elle avait perçu ce qui allait se passer et ,réveillée angoissée ce jour -là où elle lui avait parlée son rêve, elle devinait que des signes avant -coureur de malaise se produiraient , des silences ,une surprise , un temps de réponse , le petit sorcier avait affaire à trop forte magie ( il avait usé de tout son pouvoir et ne pouvait plus revenir en arrière facilement).
C’était grâce à ce rêve ,qu’elle gardait espoir qu’il redeviendrait plus humain , puisque ce rêve humain, avait été partagé. Cela leur faisait un point commun.
Il ne devait plus absorber autant de poison (c’ était croyait -il un moyen de se faire plaisir ).
C’est pourquoi la sorcière trouvait cela trop injuste et de la triche.
Elle n’avait plus de sentinelle pour veiller sur ses rêves et son sommeil et se réveillait régulièrement comme ses lointains ancêtres dans les grottes .
Pour qu’elle puisse rêver encore ….il fallait de la sécurité (dormir sur ses deux oreilles de sorcière).
Pour l’instant ,elle avait été projetée dans les cavernes et parmi ses ancêtres , dans un milieu insécure , elle avait le sommeil sentinelle d’une fille de cette lointaine époque.
Trés lucide ,elle se souvenait avant , s’offrir de beaux films en Technicolor , des voyages fantastiques au pays des songes .
Maintenant ,c’était la journée qui lui posait le plus de problèmes : les flash-back avaient lieu en plein jour ou le soir mais pas la nuit . Il avait une chose qui ne passait pas .
« Cela ira mieux demain « avait -il dit.
Le lendemain matin ,par peur , il avait commencé à mentir (était-ce la raison oubliée du courroux de la sorcière?).
Elle, elle ne mentait pas mais il l’avait surprise.
Le petit génie disait -il est mon ami secret.
La sorcière n’y comprenait plus rien .
Du coup, le voici bloqué dans le livre.
Il a eu de la chance car il a échappé au pire : Homère ne disait -il pas « le sommeil est le frère jumeau de la mort »?I
Il est juste ailleurs .
Il faut qu’il réintègre comme dans les croyances corses , en passant par le livre -fenêtre ouverte, la réalité .
Parfois la sorcière a un doute , n’est -elle pas elle du côté d’une histoire inventée par la fée électrique ,se « serait-elle fait un film? »
C’est ce que lui a laissé croire la fée électrique pendant longtemps puis le sorcier des vapeurs ,son grand ami .
Mais elle avait les pieds sur terre .