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creuse.over-blog.com

je raconte la petite histoire d'une famille creusoise

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Soul

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Il y a des rencontres qui à la première impression déterminent la suite. Tout se joue dans les regards ou fuite des regards , expression joyeuse ou mal-être. Il y a donc des non-rencontres où chaque mot est mal perçu.

Je suis  optimiste et c'est seulement avec l'expérience que je n'insiste pas . 

Il y a des rencontres arrangées où les dés sont pipés : qui veut quoi? Pourquoi est-on là? Il y a donc des rencontres qui sont des malentendus où aucun n'est sujet mais manipulés comme des marionnettes.

Je le sens assez vite ,comme si tout était avec un arrière-goût de faux -semblant.

Avec l'expérience ,je sais qu'il faut en finir et ne pas y revenir.
 

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Il y a des gestes qui succèdent , basés sur des malentendus , des glissements de la relation ,mal engagée et il faut reculer.

Avec l'expérience ,je n'attache plus d'importance à ces gestes avancés  et je me blinde comme une pente glissante ,tant pis pour la chute de l'importun.

L'ai-je provoquée? il lui faudra se relever et ne pas y revenir.

Il y a des visages sympathiques , des gestes empathiques, du goût de la vie qui est contagieux, je les reconnais , ils ses tournent vers la chaleur et la lumière d'un astre vital.

J'aime les rencontrer ,c'est simple et évident , il y a l'humour , la légèreté ,une rondeur.
Avec l'expérience ,je les fréquente.

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Il y a des gestes  intolérables , une gifle pour une broutille, , ou pour un rituel non accompli, une soumission de l'autre pour une tradition non respectée, une liberté non autorisée.

J'ai reçu une gifle de mamie , selon un rituel, mais j'en ai reçue une autre pour un autre rituel de belle-mère.

C'est une équation irrésolue à jamais : comme rendre le négatif , positif?

Par quel renversement l'opprimé développe t-il un humour de guetto , une musique qui sublime le malheur d'être du mauvais côté?

Je n'en suis pas , mais je le conforte ,si possible , avec l'expérience.

C'est l'âge du twist ,G et moi le dansons car notre oncle J , revenu d'Algérie avec les parents ,jeune de 20 ans dans les sixties est dans le bain. G et moi , enfants dansons un twist déhanché ; je ne sais pas alors que la musique noire américaine indirectement venait de frapper à notre porte pour une boum. j et D sont les "grands" qui nous ouvrent la porte vers la gaieté. Il y a aussi B et C , oncles , tante et cousins des années 60 .

Je peux aussi fuir en montrant une absence de regard , ne communiquant pas , comme la fille qui se tait , cachant à ses parents qu'elle entend, faute de disparaître , par obligation d'être là , je peux retirer mes lunettes pour ne pas voir , réussir à ne pas entendre ,. Si je ne vois pas  ,cela n'existe pas.

 

Il y a des silences très longs , des téléphones qui ne fonctionnent plus, des chemins qui ne sont plus effectués , chacun reste à sa place , des liens brisés par le temps ; des ruines à reconstruire, 

Je ne tends plus la main à ceux qui doivent apprendre depuis le temps à marcher , à parler, ou pas s'ils ne le veulent pas .

Moi , j'écris.

Je sais pourtant qu'il est possible de faire des efforts ,je connais ces enfants qui n'ont pas de moyens pour être en relation et qui tentent pourtant .Il y en a qui peuvent mais ne veulent pas et ce ne sont pas les mêmes.

Il y a du racisme à l'envers et celui qui fait un pas vers l'autre camp sera le premier blessé.

Il faut toujours tenter et ne pas généraliser.

Je n'ai pas de réponse sur la place de l'art pour se battre,  je serai tentée par proposer un espace comme l'humour ,la chanson comme la cuisine pour que les camps se rencontrent.Il ne faut pas juste défendre son camp et se replier.

Mais que faire quand l'autre refuse tout apport différent, partager un repas , partager une parole? Quand l'autre se noie dans une paranoïa sensitive? Quand l'autre reste au premier degré de la compréhension.

Où est la limite à ne pas dépasser? 

Plus il y a  d' aiguilles  sur la peau ,   plus la sensibilité à la douleur s'accroit , paraît-il. Plus une personne est confrontée au désespoir , plus son manque d'humour s'accroit? Autrement dit , pour être capable de prendre les choses au second degré , il faut un bon tempérament ou bien une bonne dose de joie de vivre ou les deux? je pencherai que les mieux armés pour aider à construire un pont entre les camps adverses sont ceux qui en ont le moins besoin.

Il y a une fatigue à remettre des couleurs , du rose ,du bleu , sur les murs gris déteints ,repeints en gris et toujours à recommencer. Je mets du rouge de la colère , du bleu  des tropiques, du vert amande., sachant que le lendemain cela sera à recommencer.

Je sais que pour l'autre , la joie de vivre peut être une provocation , là où il y a du noir ,je mets du vert , comme mes parents me l'ont appris. Là où il y a du gris , je mets du bleu , je vais vers les horizons de mon enfance , quand je roulais à vélo , perdue .L'autre ne veut pas voir l'issue , positive qui existe quand pour lui l'espoir s'est enfui. L'espoir s'est enfui s'il est rejeté d'un monde où l'illusion est reine et l'extérieur banni. Enfant perdu , qui ne peut que repartir vers un pays perdu. Peut-être n'est-ce pas alors un échec.

Quoiqu'il arrive ,essayer de mettre des mots , de provoquer des rires , un temps figés ,mots engloutis , poissons qui se noient dans la boue , il faut aller les chercher , ils vont trouver un peu d'oxygène , s'agiter un peu et repartir , refaire leur danse, revenir en surface ,il faut les réanimer , les protéger , les nourrir de musique , de soleil ,  de regards.

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